Image de décoration

Accueil > Nouvelle rubrique N° 91 > 1 - Repartir du Christ > Méditations > 1 - Les homélies de M le Curé > Familles... Dieu vous aime !

Familles... Dieu vous aime !

lundi 29 juillet 2013, par Bernard Brajat

Homélie du dimanche de la Sainte Famille – 28/12/2008 – église de Saint Barthélémy : « Mes yeux ont vu ton Salut, que tu as préparé àla face de tous les peuples  »

Entre Noël et Jour de l’An, la plupart d’entre nous peuvent certainement apprécier la chaleur du climat familial ! C’est ainsi chaque année : il nous est donné de vivre ce temps fort dans chacune de nos maisons. Pour celles et ceux qui n’ont plus de famille, personnes malades, âgées, isolées ou marginalisées cette période est d’autant plus difficile à passer qu’elle ne peut évoquer que le passé… ou une réalité qui n’a jamais vu le jour dans leur existence.

Les modèles familiaux ont évolué au cours des siècles, également selon le milieu auquel on appartient, et que l’on soit d’origine rurale ou urbaine : s’il y eu de manière dominante la famille « pluri – générationnelles », elle s’identifia progressivement depuis deux siècles à l’ensemble « parents – enfants ». Désormais, la maison peut être le refuge de familles « mono parentales » ou de plus en plus « recomposées » : autant dire que cette réalité, que nous savons essentielle à la vie sociale (et à nos propres individualités), est encore aujourd’hui en mutation.

Le modèle de famille que connaît Jésus, la famille dans laquelle il grandit, est semblable à toute famille Juive de son temps. Joseph et Marie, qui se comportent en Juifs pieux, veulent accomplirent les prescriptions de la Torah. Saint – Luc nous réunit en un seul passage d’Evangile deux actes prévus par cette Loi : la purification de Marie (chez nous, on appelait cela autrefois les « relevailles ») et la consécration au Seigneur Dieu de tout premier-né mâle. Quand une femme pauvre a accouché elle offre « deux tourterelles ou deux pigeons » selon ce que prévoit le livre du Lévitique (12,8). Et selon le livre de l’Exode (13,2) tout premier-né est consacré au Seigneur : c’est la part qui lui revient.

Dans le Temple ce jour-là, aucune présence sacerdotale. Par contre, l’évangéliste nous fait « sortir de l’ombre » un homme et une femme qui tiennent un rôle prophétique. Siméon semble nourrit des Ecriture puisqu’il médite la prophétie d’Isaïe : « Je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre » (Isaïe 49,6). Autant dire que l’enfant provoque la reconnaissance du vieillard autant qu’il éveille des craintes car le Salut offert en Jésus ne peut être l’objet que d’un libre acquiescement. Le salut de Dieu ne s’impose jamais de façon automatique, et la liberté du choix provoque nécessairement tensions et divisions.

Et il en va bien ainsi dans la plupart de nos familles. Une grand – mère me disait : « Lorsque mes enfants et petits enfants sont réunis, je fais tout pour qu’on évite de parler politique et religion à la maison… On en arriverait à se disputer ». C’est vrai, frères et sœurs, la paix et l’harmonie en famille çà n’a pas de prix ! Et il est important de laisser à chacun le temps de se poser les questions, d’évoluer à son rythme. Pour accéder au Salut, il faut chercher la lumière, tel Siméon : « Maintenant tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, car mes yeux on vu le Salut ». Mais de combien d’années de recherche et d’étude des Ecritures cette découverte est-elle l’aboutissement ?

Pour cette Sainte – Famille là se dessine un avenir bien mouvementé… Et parmi les sœurs et frères en Christ Jésus qui viendront par la suite, combien ne réaliseront-ils pas dans leurs existences combien il reste un signe de division. Lui même le dira plus tard : « Je ne suis pas venu donner la paix sur la terre, mais la division ». Ainsi, de même qu’à la naissance l’évangéliste Luc avait esquissé un « Dieu – avec – nous » qui se compromettrait avec les pécheurs, il laisse deviner par cette rencontre avec Siméon la Mission de Jésus en bute aux contradictions. Au bout du compte, Marie se verra confier, par le disciple présent au pied de la Croix, une autre famille : et c’est l’Eglise qui se profile à l’horizon.

Nous sommes – frères et sœurs – de cette famille « recomposée »… de Jésus, lorsque nous acceptons de nous laisser toucher par la Parole. Un jour il dira aussi : « Ma mère, mes sœurs et frères ? Ce sont ceux qui font la volonté du mon Père… Qui écoutent la Parole et la mettent en pratique ». Voilà bien dans quelle familiarité divine nous nous situons particulièrement en ces jours de fête !

Que la présence maternelle de la Vierge Marie accompagne toutes nos familles.

P. Bernard Brajat