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Christ, Roi

mardi 24 novembre 2009, par Bernard Brajat

Vous comprendrez que je profite de cette messe des familles pour donner quelques explications sur des mots ou des groupes de mots qui paraissent compliqués aux plus jeunes d’entre nous :
-  « Alpha et oméga »
-  La Gloire !
-  Année liturgique…
-  Le Royaume, roi… royauté.

Chaque année se termine le 31 décembre. Nous, chrétiens, en Eglise, la terminons un peu plus tôt : car c’est aujourd’hui le dernier dimanche de « l’année liturgique » où nous avons entendu le plus souvent des passages de l’évangile selon Saint-Marc. Dimanche prochain nous commencerons une nouvelle année et nous écouterons l’évangile de Saint-Luc. Ainsi, nous commencerons le temps de « l’Avent ». Non pas l’avant par opposition à l’après, mais Avent – et ça ne s’écrit pas pareil – comme contraction du mont « avènement » (adventus, ce qui va advenir, ce qui va arriver…). Au bout de 4 dimanches de l’Avent, nous arriverons à la fête de Noël.

Une liturgie, c’est l’ensemble de règles qui fixent par exemple le déroulement de la messe : au caté, les enfants – surtout celles et ceux qui célèbreront cette année la « première communion » – apprennent à se familiariser avec l’Eucharistie, son déroulement, la signification des rites utilisés dans cette Liturgie. Il y a d’autres liturgies comme celle du baptême : aujourd’hui dans notre Assemblée plusieurs enfants commencent la célébration de leur baptême pour une première étape… il y en aura d’autres !

Toutes ces liturgies s’étalent sur une année. Parfois il arrive que l’Evangile selon Saint-Jean soit lu au cours de l’année à la place, par exemple, de celui de Saint-Marc. C’est le cas aujourd’hui. Il nous parle du procès de Jésus devant Pilate. Pilate interroge Jésus sur une phrase qui l’inquiète : « Ma royauté ne vient pas de ce monde… ». Elle l’inquiète parce que Pilate est haut fonctionnaire romain et doit défendre l’empire là où il se trouve. Il ne peut pas tolérer un pouvoir qui lui échappe. Et Jésus, qui ne refuse pas le titre royal, lui donne un tout autre sens qui échappe à ce romain de Pilate.

En France il y a déjà bien longtemps que nous sommes en république. Autrefois, nous avions des rois. Un roi, c’est quelqu’un qui hérite du pouvoir par son père. Ce peut-être aussi quelqu’un qui a conquis des territoires par la force armée. Pour Jésus, sa royauté ne vient pas de ce monde… mais d’ailleurs. Le Royaume qu’il vient établir, il vient d’abord le réaliser dans le cœur de chacune et de chacun d’entre nous : le jardin secret de chacun et de chacune d’entre nous peut devenir un peu de ce Royaume que Jésus est venu établir. La Loi principale de ce royaume sera la « Vérité » absolue. Jésus vient ainsi dire qu’en Dieu tout est Vrai, tout est au grand jour, sans mensonge, sans paraître. C’est la vérité pure, sans artifice.

A ce roi qu’est Jésus, le livre de l’Apocalypse nous révélait que la Gloire était donnée par Dieu son Père. La gloire est un mot qui signifie la victoire, par exemple on parlera de la gloire d’une équipe de foot qui a gagné le mondial… Mais une victoire facile comporte toujours une part de suspicion : « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » dit le proverbe ! La gloire, c’est la renommée brillante, la réussite et le prestige. Or Jésus révèle que sa gloire, il ne la tient pas de lui-même, mais c’est son Père qui le glorifie parce qu’il indique que Jésus a été glorifié au péril de sa vie, en la donnant pour tous les hommes, ses frères.

Ce même écrit de Saint-Jean (l’apocalypse qui veut dire « révélation ») met dans la bouche de Dieu cette phrase : « je suis l’alpha et l’oméga ». Ce sont, en fait la 1ère et la dernière lettre de l’alphabet grec, comme nous avons le « a » et le « z ». La lettre oméga symbolise l’unité de mesure du temps, on trouve son symbole sur des horloges, des chronomètres… tout ce qui sert à mesurer le temps. Et bien c’est pour dire que Dieu englobe le temps, il est l’origine du temps, et que Jésus glorifié l’est dans la gloire de Dieu son Père pour tous les temps, chaque étape du temps des hommes, et la totalité du temps cosmique.

En ce dimanche du Christ roi, tournons nos cœurs et nos esprits vers celui qui établit son règne dans le cœur des croyants.

P. Bernard Brajat