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Eglise de Saint Barthélemy

jeudi 30 novembre 2006, par Secrétariat

Eglise St Barthélemy

Histoire

Elle est mentionnée pour la 1° fois en 1237 sous le vocable de St Etienne des Soubirous qui perdure jusqu’au XVI° siècle où celui de St Barthélemy s’est imposé. Elle était quasiment ruinée lorsque le pape cadurcien Jean XXII, qui y aurait été baptisé, la fit reconstruire de 1320 à 1324 et la dota richement en ornements, crucifix d’ivoire, couronne d’or, tandis que la famille du pape qui occupait le palais voisin, y entretenait plusieurs chapelles. La guerre de 100 ans dut interrompre le chantier et la construction du chevet. Un inventaire de 1450 décrit une église très appauvrie. Pillée par les Huguenots en1580, elle devint en 1644 l’église du Grand Séminaire voisin fondé par le grand évêque réformateur Alain de Solminihac. Embellie et remeublée aux XVII° et XVIII° siècles, elle a été restaurée dans la décade 1970-1980.

Architecture

L’église St Barthélemy surprend par son orientation sud-nord encore inexpliquée et son chevet plat au nord percé au centre par une vaste verrière aux remplages gothiques. Du premier édifice on trouve les traces à l’angle sud-ouest avec une porte murée (XII° siècle ?) et un appareil de pierres très irrégulier. L’élévation est, en appareil de pierre très soigné, est dotée d’un vaste porche et de chapelles du même style que le massif oriental de la cathédrale contemporain (1320-1340). L’élévation sud en brique est légèrement antérieure. Au XIX° siècle on y perça 3 fenêtres. Un élégant clocher, percé de trois rangs de baies en tiers point se dresse sur le porche est.

Intérieur

La large nef relève du style gothique languedocien avec ses chapelles latérales entre les contreforts. Comme à l’extérieur, ces derniers sont moins soignés et moins ornés côté ouest. Sur le mur est l’emploi du grès à grain très fin a permis de sculpter colonnettes et chapiteaux.
Jusqu’au XV° siècle une charpente et un plafond plat couvraient l’édifice dont les quatre travées ont alors été voûtées d’ogives. Le clocher s’est trouvé de ce fait recoupé par le mur haut de la nef ( traces de baies obturées à l’angle sud-est).


Décor intérieur

Moyen Age : à droite, la première chapelle à l’est offre un ensemble de peintures du XIV° siècle. Au nord, un jugement dernier ; le Christ dans sa mandorle, entouré de la Vierge et de St Jean Baptiste, domine la foule des élus, clercs et laïcs.
Plus bas, moins conservé, le couronnement de la Vierge. Aux côtés est et sud de la même chapelle dans un décor d’architecture, représentation du « dit des trois morts et des trois vifs », la rencontre des chevaliers avec les trois squelettes qui leur annoncent leur devenir.
Une crucifixion dans un enfeu complète le décor.
Renaissance : Face au chœur la dernière chapelle à l’ouest révèle les vestiges d’un décor antiquisant avec fronton, pilastre, malheureusement bien trop fragmentaire.
XVII° siècle : L’église lui doit les boiseries du chœur, dont les panneaux séparés par des pilastres et surmontés d’une corniche forment deux avant-corps de chaque côté. Des toiles d’une facture très élégante représentent les quatre évangélistes en pied avec leurs attributs. Aux extrémités, les bustes de St Pierre et de St Paul .Au centre le grand tableau représentant la scène du calvaire masque la partie inférieure de la fenêtre du chevet. La chaire et la tribune de l’orgue avec son escalier d’accès sont de la même époque, donnant à l’église une réelle homogénéité.
XVIII° siècle : La première chapelle côté ouest offre un décor exactement daté de 1787. L’habileté des stucateurs à masquer l’héritage gothique se révèle dans les faux marbres, les pilastres, les chapiteaux très colorés. Des lambris sculptés de trophées à motifs religieux encadrent une Piéta très formelle. Un buste du pape Jean XXII ( XIX° siècle) y a été placé.
XIX° siècle : La seconde chapelle côté ouest est très représentative de la piété mariale du siècle avec son décor néo-gothique et le groupe de la Vierge confiant le rosaire à St Dominique. Aux murs latéraux, des anges, les symboles repris des litanies de la Vierge.
Du XIX° siècle datent également tous les vitraux et particulièrement celui de la grande fenêtre du chœur où l’on a cru bon de reproduire au pied du Christ triomphant les quatre évangélistes, St Pierre et St Paul déjà présents dans les boiseries encadrant l’autel.

Tableaux :

Parmi les tableaux récemment restaurés, les deux plus importants, du XVII° siècle, témoignent de la piété d’alors et des querelles autour de la grâce au temps du jansénisme : un docteur de l’Eglise à droite foulant aux pieds les ouvrages hérétiques (St Augustin ?) et une moniale en prière à gauche.
Dans la 3° chapelle à droite, un Christ couronné d’épines voisine avec une présentation de Jésus au temple très théâtrale. Au mur du fond, encadrant la porte d’entrée ont été placés
une Ste Anne et la Vierge enfant (XIX° siècle) et un St Jacques ( ?) bien antérieur. Au dessus de cette même porte, une représentation de Dieu le Père est enchâssée dans la boiserie du XVII° siècle. On remarquera aussi au flanc est côté chœur un grand tableau figurant le triomphe de Vincent de Paul,un François de Sales et un Charles Borromée, éminents artisans de la Réforme catholique.
D’autres tableaux du XVII° siècle au mur plat du chevet, encadrant la scène du Calvaire, sont en cours de restauration : une adoration des mages et un baptême du Christ.

Etienne Baux

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