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Vanité...

samedi 31 juillet 2010, par Bernard Brajat

Il est des occasions où les hommes politiques, élus locaux – et parfois, même, les évêques – sont sollicités de manière surprenante… Régler des conflits d’intérêts entre particuliers, voire entre membres d’une fratrie lors d’une succession : on n’imagine mal les demandes plus incongrues les unes que les autres adressées à des hommes publics ! Ainsi leur prête-t-on un rôle d’autorité reconnue.

C’est ainsi que Jésus de Nazareth est interpellé du milieu de la foule par un anonyme qui lui demande de régler une question d’héritage (on sait bien que les histoires d’héritage ont été de tout temps sources de conflits et de brouilles entre membres d’une même famille…). Mais cet homme se trompe : Jésus n’est ni un avocat, ni un notaire, ni même un juge de proximité ! « Qui m’a établi sur vous pour être juge ou pou faire vos partages ? »

Et Jésus va utiliser cette demande farfelue pour intéresser son auditoire à quelque chose d’important : la destinée humaine. Il sait fort bien que la partie la plus sensible de l’homme – et de tout temps – reste son « porte – monnaie » ! Il en profite pour rappeler une évidence : personne n’a jamais emporté un centime d’euro de sa fortune dans son cercueil. Et pour nous parler d’autre chose, de ce qu’il estime être le plus important, il nous raconte une de ces petites paraboles dont l’évangile à le secret. Certainement lui a-t-on rapporté l’histoire d’un homme riche qui a défrayé la chronique parce qu’il ne faisait que s’enrichir avec ses récoltes (ne dit-on pas qu’il « pleut toujours où c’est mouillé » ?) : à force d’accumuler, il faut agrandir sans cesse. C’est l’injustice de la condition humaine qui est encore d’actualité aujourd’hui.

Il y a cependant un égalité de condition commune à tous les hommes : c’est la mort. Elle advient de manière subite, surprenante. En écho le livre de l’Ecclésiaste entendu en 1ère lecture nous livre le bon sens, la sagesse biblique : « Vanité des vanités… tout est vanité ! Un homme s’était donné de la peine… Il a dû laisser ses biens », quand il meurt ce sont d’autres qui en profiteront. C’est d’ailleurs le sens de l’héritage transmis.

Cette évidence doit conduire à beaucoup d’humilité devant les fruits de la réussite humaine et de relativiser l’impression de toute puissance que confère l’argent : il faudrait certainement bien le méditer aujourd’hui où nous notre société a pris l’habitude d’estimer les valeurs en fonction de l’avoir… et non pas de l’être !

La conclusion de l’évangile est une invitation à chercher la vraie richesse « en vue de Dieu ». Et d’une certaine manière l’Apôtre Paul nous presse également à rechercher « les réalités d’en haut »… « Tendez vers les réalités d’en haut ». Dans la description qu’il fait d’un certain « état des lieux » il lie « ce qui appartient encore à la terre » à un culte « rendu aux idoles ». Ainsi la recherche effrénée des richesses est-elle assimilée au paganisme. Mais lui, Paul nous parle de l’homme nouveau, celui que le Créateur « refait toujours neuf à son image ». L’évangile du Salut est à l’inverse de la capitalisation qui accumule sur d’anciens avoirs, puisque l’homme nouveau en Christ est constamment renouvelé par la grâce de l’Esprit Saint.

Avec le psaume 89, nous entendons bien que la condition humaine est précaire : « Tu fais retourner l’homme à la poussière ». Seul le Seigneur dispose des biens illimités qui fait dire au croyant : « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse… Rassasie-nous de ton amour au matin… » Voilà ce qu’il nous faut apprendre : les seuls biens qui nous sont donnés viennent de Dieu, le reste est vanité.

P. Bernard Brajat