Image de décoration

Accueil > Archives > 1 - Repartir du Christ > Méditations > 1 - Les homélies de M le Curé > Sainte-Famille

Sainte-Famille

mercredi 29 décembre 2010, par Bernard Brajat

Ce lendemain de Noël nous donne de prolonger la joie de la Nativité par une fête qui peut bien correspondre à la réalité que nous vivons chaque fin d’année. Se retrouver en famille, c’est en fait ce qui scelle en nos cœurs l’ambiance chaleureuse de chaque maison. Certains n’ont plus cette chance et auront dû vivre cette période des fêtes dans la solitude, l’isolement, la grande précarité peut-être.

Le monde biblique indique toute l’importance de la cellule familiale. Ainsi le passage de Ben Sirac le Sage que nous entendions en première lecture n’est qu’un commentaire d’un des dix commandements, le seul commandement qui ne soit pas édicté comme un interdit mais comme une prescription absolue. Ainsi nous le restitue le livre de l’Exode (20,12) : « Honore ton père et ta mère afin de jouir d’une longue vie » ! Et le Sage le commente sous forme de quelques conseils donnés à ses enfants.

Dans notre société en crise, la famille évolue comme elle peut en essayant de garder ses repères… Ce qui n’est pas toujours évident. Il y a des risques à fonder une famille, non seulement parce que l’avenir semble particulièrement voilé et incertain, mais encore parce que toute éducation devient pour les parents un vrai parcours du combattant !

A propos du texte du Siracide, nous pouvons noter quelques constats :

• Le père de famille tire sa bénédiction de ses enfants, mais la mère a aussi un rôle important dans le cercle familial : l’autorité sur les fils.
• On voit se dessiner le rôle des parents dans la société de l’époque :
-  au père les affaires de la vie publique ;
-  à la mère la gestion du foyer familial.
• Ce sont ensuite quelques conseils de conduite aux fils dans leur relation au père, quand celui-ci prend de l’âge. Ce sont des paroles d’une grande délicatesse.

Cette société, où les rôles sont bien définis, est une société aux repères stables. Il n’en est plus tout à fait de même aujourd’hui ! Evidemment, certaines, parmi nous, dans notre Assemblée, auront entendues avec « effroi » les paroles de l’Apôtre Paul… Après avoir décrit l’attitude qui assure une vie familiale harmonieuse, ses recommandations pratiques – surtout lorsqu’il parle de « soumission » des femmes à leur mari – font bondir les lecteurs que nous sommes. N’oublions pas qu’ils appartiennent à un contexte culturel bien différent du nôtre ! Pour ne pas traiter Saint-Paul de misogyne il faut prendre en compte l’ensemble de ses épîtres où l’on constate qu’il sait déléguer des responsabilités aux femmes et qu’elles font partie de son entourage.

Et puis, toute la 1ère partie de la lettre que nous entendions ce matin est quand même d’une teneur exceptionnelle : l’Apôtre y requiert l’attitude positive de chaque personne d’une famille pour réussir la vie ensemble. Ce sont les mêmes qualités que l’on doit mettre en œuvre au sein d’une communauté chrétienne : « Puisque nous sommes tous les bien-aimés de Dieu » nous devons « revêtir nos cœurs de tendresse et de bonté, d’humilité, de douceur et de patience » ; et parce que nous avons été « pardonnés par le Seigneur », nous devons, nous aussi, pardonner.

Au terme de notre méditation, je vous livre ce texte de Jean-Paul II :
« L’Eglise entoure cette famille d’une profonde vénération, la proposant comme modèle à toutes les familles. La Famille de Nazareth, directement insérée dans le mystère de l’Incarnation, constitue elle-même un mystère particulier. Et en même temps – comme dans l’Incarnation –, dans ce mystère la vraie paternité a sa place : « la forme humaine de la famille du Fils de Dieu », véritable famille humaine, constituée par le mystère divin. « En elle, Joseph est le père : sa paternité » ne découle pas de la génération ; et pourtant, elle n’est pas « apparente » ou seulement « substitutive », mais « elle possède pleinement l’authenticité de la paternité humaine », du rôle du père dans la famille. (…)
Avec l’humanité est aussi « assumé » dans le Christ « tout ce qui est humain et, en particulier, la famille », première dimension de son existence sur terre. Dans ce contexte est aussi « assumée » la paternité humaine de Joseph. »*

P. Bernard Brajat

* Jean-Paul II, lettre apostolique sur Saint Joseph (Centurion)