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Que faire ?

lundi 14 décembre 2009, par Bernard Brajat

3ème dimanche de l’Avent B – 12 & 13/12/2009 – messe des familles àla chapelle de Terre-Rouge et àl’église Saint-Barthélémy de Cahors : « Que devons-nous faire ?  »

Que faut-il faire ? C’est une question qui revient parfois au gré des rencontres de Jésus dans l’Evangile : tout le monde n’est pas Zachée qui sait, lui, ce qu’il devra faire en conséquence de sa conversion et qui l’annoncera au Seigneur : « je fais don au pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un je vais lui rendre quatre fois plus » (Luc 19,8). C’est une résolution radicale : elle provoque encore notre admiration. Il y a aussi un certain prodigue qui sait ce qu’il lui reste à faire… une fois qu’il a le ventre aussi vide que ses poches, il se met à réfléchir, nous dit l’évangile (15,17-18) : « Tant d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père… »… et il sait retrouver la maison du Père avec une déconcertante facilité !

Que faire pour « avoir en héritage la vie éternelle » ? C’est la question de l’homme riche de l’évangile (Marc 10,17)… « Que devons-nous faire ? » : c’est donc aujourd’hui la question des foules, des publicains et des soldats qui viennent se faire baptiser par Jean. Toutes ces questions se rejoignent et nous rejoignent… Nous-mêmes demandons ce qu’il faut faire ! La foi, qui engendre l’adhésion au geste de conversion proposé par le Baptiste, est liée immanquablement à ce qu’il faut faire. Et Jésus lui-même dira : « ce ne sont pas ceux qui disent ‘Seigneur ! Seigneur !’ qui entrent dans le Royaume, ce sont ceux qui font la volonté du Père ». Pour être chrétiens, il ne suffit donc pas de dire qu’on a la foi, encore faut-il passer aux actes ; et Saint-Jacques en rajoutera encore lorsqu’il dira : « Celui qui n’agit pas, qui ne montre pas sa foi dans sa manière de vivre, sa foi est bel et bien morte. »

Avez-vous remarqué, dans l’évangile que nous venons d’entendre, combien Jean-Baptiste propose à chacun un passage à l’acte réalisable, un « possible ». A chaque cas particulier il adapte une parole en fonction de la situation, des implications humaines (soldat… collecteur d’impôts…), du niveau de vie (celui qui possède beaucoup plus, qu’il donne ce qu’il a en trop…) : la rigueur d’un légalisme étroit et aveugle n’a guère de place dans l’invitation du Baptiste ! Dans l’appel à la conversion comme dans les réalisations concrètes de celle-ci c’est un bouleversement total qui s’engage pour l’homme dans tout son être.

Mais Jean n’est pas celui qui provoque ce bouleversement. Après lui, vient quelqu’un qui est « plus puissant » que lui, qui baptisera d’un baptême nouveau dont les effets dépassent – et de loin – les attentes du rite de purification. Ce baptême là est source de dynamisme, il est le feu même de l’Esprit qui habite les croyants en Christ ! Il permet de se débarrasser de l’inutilité passagère, telle la paille qu’on brûle. Alors oui, au temps de Jean-Baptiste, tout était certainement plus simple… Les gens lui demandaient : « que devons-nous faire ? » et lui leur répondait clairement. Aujourd’hui rien n’est facile : la vie semble tellement complexe !

Tout est devenu compliqué et nos contemporains aimeraient le plus souvent qu’on leur dise clairement ce qu’il faut faire, et ce qu’il ne faut pas faire. Nous aurions tendance à nous réfugier derrière un code moral stricte : ce serait tellement plus simple, plus facile. Et voyez vous – frères et sœurs – c’est justement ce que Jésus est venu abolir : chaque fois dans l’Evangile, il renvoie les uns et les autres à leur choix, à leur responsabilité… « Que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? » : dans sa réponse Jésus déstabilisera le jeune riche, il ne lui donnera pas de clé automatique, il lui indiquera un chemin de découverte qui passe par un renoncement à ses sécurités.

Que faut-il faire ? Que devons-nous faire ? Que faire ? A toutes ces questions qui se ressemblent, Jésus semble nous dire au cœur : « Reste disponible aux autres, au Seigneur, à la vie qui grandit… Accepte de donner de toi, de ton temps, d’abandonner l’inutile, et tu aborderas avec un cœur neuf l’Avènement des temps nouveaux ».

P. Bernard Brajat