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Encyclique LAUDATO SI

vendredi 13 novembre 2015, par Secrétariat

Donnée à Rome le 24 mai 2015

Avec la parution de l’encyclique Laudato si’, le pape François s’est attaché à montrer que la question écologique se pose aujourd’hui à tous avec urgence et gravité. La terre, notre maison commune, « crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposé en elle » (Laudato si’ n°2). Il est donc temps d’agir. Entre toutes les difficultés auxquelles la situation actuelle nous confronte, le problème du changement climatique prend une place prépondérante que le pape évoque d’ailleurs directement (n°23 à 26 de l’encyclique).
Partout d’ailleurs, des initiatives naissent, grandes ou plus modestes, en vue de préserver ce bien commun qu’est le climat.

Cependant, si la crise est bien réelle, il existe aussi un chemin ouvert qui passe par un autre rapport au monde, une autre manière d’envisager la vie, surtout pour nous, qui vivons et usons d’une civilisation à forte dépendance matérielle.
C’est à ce changement profond, à cette espérance raisonnable que le pape nous convie en nous incitant à puiser notre détermination dans ce lien qui nous unit au Christ lui-même et à son évangile.

Nous savons bien que pour changer le monde il faut d’abord changer soi même. « Tous, nous pouvons collaborer comme instruments de Dieu pour la sauvegarde de la création, chacun selon sa culture son expérience, ses initiatives et ses capacités » (Laudato si’ n° 14). C’est donc bien à chacun d’entrer dans ce mouvement.
Abbé Mathias Leclair

PLAN de l’Encyclique :

Introduction n° 1 à 16

Première partie : CE QUI SE PASSE DANS NOTRE MAISON n° 17 à 61

Deuxième partie : L’EVANGILE DE LA CREATION n° 62 à 100

Troisième partie : LA RACINE HUMAINE DE LA CRISE ECOLOGIQUE n° 101 à 136

Quatrième partie : UNE ECOLOGIE INTEGRALE n° 137 à 162

Cinquième partie : QUELQUES LIGNES D’ORIENTATION ET D’ACTION n° 163 à 201

Sixième partie : ÉDUCATION ET SPIRITUALITES ECOLOGIQUES N° 202 à 246

L’ENCYCLIQUE LAUDATO SI’ PRESENTATION DE MATHIAS LECLAIR.

  • Introduction

Du 30 novembre au 11 décembre 2015 se déroulera à Paris la cop 21, cette conférence des nations unies dédiée au changement climatique, et qui va réunir plus de cent chefs d’état.
Les medias y feront certainement un très large écho, sans doute souvent à leur manière, spectaculaire et catastrophiste, cependant il y aura certainement moyen de trouver des infos justes et équilibrées.
Pour la première fois, il me semble sentir un consensus quand à l’urgence du problème. La « climatosceptie » perd du terrain. Cependant, prendre conscience n’est pas encore agir et même si des objectifs clairs sont posés, le processus qui conduit a des décisions effectives risque d’être encore long. J’espère néanmoins que cette conférence posera des actes effectifs, mesurables, même si je m’attends à ce qu’ils soient modestes et en dessous de l’exigence que la crise écologique demanderait.
Il y a longtemps que je m’intéresse à la question écologique, j’ai cette fibre en moi et l’annonce météo de 15 jours de soleil consécutifs, avec l’injonction de s’en réjouir, me laisse toujours très dubitatif.
Lorsque ‘elle est parue au mois de juin dernier l’encyclique de pape consacrée à l’écologie a été pour moi comme une bouffée d’air bienfaisante. Je me suis dit que si lui même s’intéressait à la question alors c’était bon signe.
Ma joie s’est un peu assombrie lorsque j’ai compris que les milieux d’Eglise marquaient une relative indifférence à cette publication et mon sentiment est devenu plus partagé quand une libraire de Cahors m’a confié qu’elle n’avait jamais autant vendu d’encycliques mais en même temps jamais aussi peu aux chrétiens de la place…
En dehors du fait d’être croyant et habitant de notre terre, je l’espère ouvert aux préoccupations de notre monde, je n’ai pas de légitimité particulière sur la question environnementale et surtout aucune leçon particulière à vous donner. Cependant, j’ai proposé à Florent de vous présenter ce texte ce soir. J’espère que cela vous engagera à le lire, à le partager entre vous et j’espère encore que cela vous déterminera, si vous ne l’êtes pas encore, à entrer dans un questionnement en acte à propos de ce que le pape appelle la conversion écologique.
Je vous signale qu’à l’exemple de plusieurs diocèses de France et à l’initiative de l’aumônerie de l’enseignement public, une veillée de prière pour la création se déroulera à l’Eglise saint Barthélémy de Cahors, le 5 décembre prochain

  • Introduction n°1 à 16

Loué sois tu mon Seigneur.
Dés le départ, le pape enracine sa réflexion dans une prière de louange.
Ce sont les mots de Saint François d’Assise que Jean Paul II a déclaré saint patron des écologistes, le 29 novembre 1979.
Tout au long de son travail le Pape François va beaucoup citer ses prédécesseurs, son encyclique ne sort pas de nulle part.
Il se réfère par exemple à Pacem in Terris. N°3 Jean XXIII
Il cite encore le patriarche Bartholoméo de l’église orthodoxe.
L’idée c’est de faire large, d’ouvrir le champ.
Et le pape en vient à son appel au n’°14, un appel à changer qui concerne tout le monde, et qui prend garde de ne verser dans aucun argument de facilité. Il s’agit d’être devant le problème et d’en appeler à notre responsabilité.
Pour conclure cette introduction le pape énonce les principaux axes qui vont venir dans sa réflexion qu’ils ne traitent pas les uns à la suite des autres, mais qu’il ouvre et qu’il fait dialoguer les uns avec les autres parce que tout est lié. N°16
Cette expression va revenir 10 fois, et insiste sur le fait que l’on ne peut pas aborder les choses d’une manière successive et séparée. Il faut tout prendre ensemble.

  • 1) Que se passe t’il dans notre maison ?

La première partie est dédiée au constat. D’une certaine manière, c’est la partie la moins originale de l’encyclique, parce que tout ce que dit le pape a déjà été dit. Le pape n’est pas climatologue ni un scientifique et donc cette partie est celle qui fait le plus appel à l’expertise extérieure. (Académie pontificale des sciences)
Ce qui en revanche est très original c’est que le pape lui même le dise et s’attache à entrer dans tant de précisions. La manière dont il le dit est aussi très touchante.
Avant de lire en détail tout ce constat ce que nous n’allons pas faire ce soir, deux choses sont capitales pour entrer dans le propos.
- tout d’abord le pape tient pour vrai et fondé le consensus scientifique qui se dégage aujourd’hui à propos de la question centrale changement climatique, et de son origine humaine. (N°23)
« Il existe un consensus scientifique très solide qui indique que nous sommes en présence d’un réchauffement préoccupant du système climatique.
- La deuxième chose est que c’est ce qui le conduit faire le tour de la situation avec le plus de précision possible n°19.
A partir de là le pape passe en revue les différents marqueurs de la crise écologique d’aujourd’hui.
Pollution et changement climatique 20-26
La question de l’eau 27-31
La perte de la biodiversité 32-42 (n°41)
Détérioration de la qualité de la vie humaine. 43-47
Inégalités planétaires 48-52
Faiblesse des réactions 53-59

La voie nouvelle ouverte par le pape est de lier tous ces thèmes. Ses origines, sa sensibilité font que la question de la misère humaine, de la pauvreté est toujours sous jacente dans sa réflexion. Parce que en matière d’environnement comme pour toutes les questions sociales, quand il y a désordre et injustice ce sont les pauvres qui paient le plus lourd tribu.
Dans sa réflexion le pape insert nombre de constats, de travaux de diverses commissions épiscopales à travers le monde, ce qui rend son écrit encore plus touchant, vivant. Il y a des visages derrière toute évocation. (n°51)

Certains milieux y compris d’église, reprochent beaucoup au pape d’avoir, avec cette encyclique, mêlé l’église à des problématiques qui ne la concernent pas. Mais comment peut-on dire cela ? Comment peut on considérer qu’il nous faudrait refermer l’évangile, et taire notre foi en Jésus Christ, sous couvert que cela pourrait entraver la marche du monde tel qu’il est construit.

  • 2) L’évangile de la création. N°62 à 100.

C’est peut- être pour répondre par avance à cette critique que le pape introduit cette deuxième partie dont il feint de s’étonner lui-même. (N°62)
Il s’agit pour lui et pour nous de fonder son propos au nom même de sa foi.
C’est parce que nous croyons en un Dieu qui pose un regard d’amour sur chaque homme chaque femme, chaque enfant de notre monde, que la crise écologique dont nous sommes responsables est particulièrement grave. « Nous avons été conçus dans le cœur de Dieu et donc, « chacun de nous est le fruit d’une pensée de Dieu. Chacun de nous est aimé, chacun est nécessaire. » N°65 (Benoît XVI)
Le pape remet donc sa réflexion dans un cheminement croyant, dans lequel l’homme est une créature qui reçoit un monde qui le précède, qui ne lui appartient pas. Un monde à respecter, un monde à garder, à sauvegarder, à contempler. (n°95)
Cette partie un peu technique convoque la contribution de grands théologiens de l’histoire de l’Eglise et reprend leurs conceptions du mystère de l’univers.
Le pape conclue cette partie par l’évocation du regard de Jésus lui même qui reconnaît dans la création la présence du Père et qui nous a invité à le faire.
Cette partie qui est la plus chrétienne, la plus théologique nous invite à retrouver les fondements de notre foi et par la même notre lien à l’œuvre créatrice de Dieu.

  • 3) La racine humaine de la crise écologique. N° 101 à 136

Non seulement la crise écologique est réelle, mais nous les hommes en sommes à la racine. (n°101) le pape pointe ainsi :
- L’ambivalence et l’ivresse du progrès technologique.
- La globalisation du paradigme technocratique.
- La question de l’anthropocentrisme moderne (égoïsme)
Question qui pousse l’homme d’aujourd’hui à ne regarder que lui, que son problème, son désir de l’instant, alors que justement la réponse à ce désir instantanée va se répercuter comme un onde de choc à tout l’ensemble. (question de la circulation alternée à Paris)
La question de la prédominance du paradigme technocratique est un sujet qui préoccupe beaucoup le pape et sur lequel il revient sans cesse parce qu’il est persuadé au fond de lui qu’il n’existe pas de juste développement tant que l’on reste à l’intérieur de ce paradigme. (n°108)
Pour comprendre cette partie passionné et complexe je vous conseille d’aller relire le début de la constitution Gaudium et Spes du concile Vatican II particulièrement en ses numéros 4 à 10, la condition humaine dans le monde d’aujourd’hui.
Il est très frappant de voir comme le concile avait anticipé de manière prophétique si l’on peut dire, les questions actuelles liées à la mondialisation, à l’autonomie revendiqué des progrès techniques, à la toute puissance de notre modèle économique, ce paradigme unique qu’aucun dirigeant ne semble vraiment décider à remettre en cause.
Cette problématique que le pape reprend à son compte trouve une expression synthétique au numéro 122.
Voir dans cette même logique les questions d’éthique souvent soulevées par l’Eglise, quand à la dignité de la personne de la personne humaine du début jusqu’à la fin de sa vie.

  • 4) Une écologie intégrale. 137-154

Après le temps du constat sans concession, après l’affirmation de la responsabilité de l’homme dans la crise écologique par un mode de vie sourd et déraisonnable, le pape met à jour le seul chemin viable à moyen et long terme. Pour lui c’est celui de l’écologie intégrale qui prend en charge, simultanément, toutes les dimensions nécessaires à un développement de la personne humaine juste et ouvert.
Puisque tout est lié, seule une écologie qui prenne en compte toute la personne humaine est envisageable, le reste est une impasse.
C’est bien à cause de ce tout lié qu’il faut avancer à la fois dans tous les domaines.
- Vers une écologie environnementale qui prenne en compte la protection des espèces animales, des écosystèmes. (140)
- Vers une écologie économique, et sociale qui considère tous les hommes et qui est liée à la précédente, « car toute atteinte à la solidarité et à l’amitié civique provoque des dommages à l’environnement. » Benoit XVI cité au numéro 142.
- Vers une écologie culturelle, respectueuse de l’histoire, des coutumes locales, des manières de vivre propres.
- Vers une écologie de la vie quotidienne qui prend en compte l’espace de vie personnel au regard de l’espace public. La liberté personnelle qui ne peut se construire sur celle de l’autre. (Voir n°153)
- Vers une écologie intégrale fondée sur la notion de bien commun, seule garante de justice.
Comment ne pas se laisser interroger nous même par cette notion de bien commun, d’écologie intégrale ?
Si vous le voulez je peux essayer de vous proposer, de nous proposer un petit inventaire qui essaye d’être intégral ?
Combien de fois nous sommes seuls dans notre voiture et combien de voitures avons nous ? Combien d’allers retour ville domicile faisons nous ? Dans une journée, dans une semaine ? Sommes nous engagés dans des associations de proximité ? Participons nous à la fête des voisins ? En avons nous l’initiative ? Quel type de gobelets achetons nous lorsqu’il s’agit d’organiser le verre de l’amitié de la fête paroissiale ? A quel rythme changeons nous de téléphone portable ? De quelle surface de logement disposons-nous ? Combien de jours pas an utilisons nous notre piscine ? D’où viennent les produits que nous mettons dans notre assiette ? Combien d’appareils ménagers sont-ils branchés en permanence dans notre maison ? Quel système de chauffage utilisons nous ? Avons nous bien soin d’emporter un cabas avec nous pour aller faire les courses ? Comment plaçons nous notre argent ? Quelle connaissance avons-nous de ceux qui nous entourent, de ceux qui habitent à côté de chez nous ? Que connaissons nous de notre monde, et comment le connaissons nous ?

  • 5) Quelques lignes d’orientation et d’action 163- 201

Il s’agit d’abord d’assumer notre histoire pour se sortir de l’impasse écologique dans laquelle nous sommes.
Le temps est venu de se réunir pour agir, et c’est bien l’objet du cop 21
Le pape relit toute l’histoire du mouvement écologique mondial, pointe des avancées mais souligne aussi ce que certaines décisions apparemment nécessaires et justes pourraient en réalité avoir d’injuste.
C’est le cas de la réduction des gaz à effet de serre qui ne peut s’appliquer à tous de la même manière, à moins d’une contribution à l’effort des plus riches pour les plus pauvres, question qui sera au cœur de la cop 21, voir n°170.
Dans cette partie le pape revient comme il l’avait d’ailleurs annoncé au début sur des difficultés qu’il a déjà pointées et qu’il relie à nouveau entre elles.
Il réinterroge en interpellant les instances politiques internationales nationales et même locales quand à la cohérence nécessaire entre toutes les diverses facettes de l’écologie.
La réponse passe par une mobilisation de tous et un changement de paradigme économique qui peut aller jusqu’à une certaine forme de décroissance. (n°193)

  • 6) Éducation et spiritualités écologiques. (202-245)

Dans cette dernière partie le pape voudrait conduire chacun de nous à agir.
Nous sommes habitués au catalogue des éco conduites à tenir, c’est devenu comme un refrain.
Pour le pape François, au delà du seul geste que nous pouvons faire et de son faible impact quand à son efficacité eu égard à l’immensité du problème, il y la marque de notre attachement aux autres et à Dieu lui même, à la confiance que nous lui faisons et dont nous tirons notre joie.
Histoire du colibri.
Voir n° 211 et 212.
Il est temps d’entrer dans une réelle conversion écologique qui doit commencer par une remise en question de notre propre vie et voir de quelle manière nous devons et pouvons réconcilier notre mode de vie avec la création. Nous n’allons pas nous donner d’injonctions les uns aux autres, par contre nous pouvons nous encourager, réfléchir ensemble. Évêques australiens n°218.
Le pape achève sa réflexion en nous conduisant jusqu’aux rives de ce qu’il appelle à la suite de certains précurseurs, la sobriété heureuse, qui comprend une certaine limite de la consommation de biens, une volonté de simplicité, une discipline réelle et une attitude de cœur ouverte et humble qui invite à la prière et à la contemplation.
Et il achève en faisant à nouveau profession de foi, en exprimant encore son attachement sa confiance à ce Dieu trinité, mystère d’Amour en qui tout est lié, et dont la contemplation doit guider notre action.

  • Conclusion

Si vous avez ressenti une certaine passion de ma part dans l’exposé que je viens de faire, alors finalement au delà de toutes les imperfections de mon travail et bien j’aurais déjà finalement atteint un objectif.
En observant le monde, en le contemplant même d’une certaine manière, en cherchant peut-être comme vous à le comprendre j’en suis arrivé à devenir persuadé que la question écologique est le seul défi d’importance auquel il faille répondre. C’est le seul défi parce qu’il comprend tous les autres et qu’en lui tout est lié.
Cela est pour moi un sujet d’inquiétude, surtout quand je vois qu’aujourd’hui encore, la tonalité générale est de relativiser l’enjeu de la question. Quand il fait 25 ° au mois de novembre pendant presque toute une semaine consécutive et même si cela a déjà pu se produire par le passé je crois et je sais que nous sommes appelés à réagir rapidement.
Cela est aussi une invitation à entrer dans le mouvement de tous ceux, et ils sont nombreux, qui veulent changer les choses.
De plus parce que je suis croyant, je vois dans cette crise écologique l’opportunité d’une véritable conversion, d’un retour à l’essentiel, l’occasion de redevenir davantage frères et sœurs dans un même monde, fragile et fini.
Pour autant je ne suis pas naïf je comprends que le changement sera long. Ce n’est pas le green washing généralisé aujourd’hui qui nous remettra sur la bonne piste, mais j’y vois une autre raison de m’engager pour demeurer dans une douce détermination à ce que le monde change.
Ma foi chrétienne, ma confiance au Christ ressuscité m’invite encore davantage à cela, et l’encyclique Laudato Si est un encouragement, une réelle bonne nouvelle presqu’au sens évangélique de ce terme. Une contribution majeure qui appelle à la vie, à la fraternité, au décentrement.
Méditer tout cela m’a rapproché d’un texte d’évangile que je voudrais vous soumettre et vous partager tout à la fois.
Vous le trouverez au chapitre 1 de l’évangile de Marc, verset 17 à 22.
Je vous le lis maintenant.
On connaît ce passage sous le nom d’épisode de jeune homme riche.
Ce jeune homme est zélé, exigeant, courageux lui qui vit en acte toute la loi de Moïse.
Cependant il a figé son système intérieur et s’il est prêt à faire encore plus il n’est pas disposé à faire autrement. J’ai bien l’impression que nous en sommes souvent là en matière de conversion écologique. On veut bien faire attention encore à quelques petits gestes supplémentaires à condition de garder l’essentiel de ce que nous possédons en matière d’autonomie, de confort de vie, d’habitude…
Pourtant il ne s’agit plus de cela, il s’agit de devenir disponible, ouvert à une toute autre manière de vivre qui se fait jour aujourd’hui mais dont les contours sont encore entre nos mains. Une manière de vivre qui tourne le dos à la sourde consommation, une manière de vivre qui s’interroge et qui ne considère pas qu’il y aura bien toujours de l’eau au robinet, que de toute façon je suis bien obligé de prendre la voiture, que tout ce que je pourrais faire est tellement peu qu’il n’est même pas la peine d’en parler, ou encore qu’on ne va quand même pas se remettre à vivre dans des cavernes à la lueur de la bougie pour faire plaisir à ces écervelés d’écologistes.
La question écologique est une question de vie, de justice, d’amour du prochain, à laquelle il convient de répondre en vérité, en actes et de toute notre foi puisque tout est lié. Je vous remercie.
Abbé Mathias Leclair, Cahors le 9 novembre 2015