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Alain de Solminihac

mardi 16 juin 2015, par Secrétariat

LE BIENHEUREUX ALAIN DE SOLMINIHAC

1) Esquisse de sa vie

Alain de Solminihac est né le 25 novembre 1593 au château de Belet, non loin de Saint-Astier, dans une vieille famille de la noblesse périgourdine. Son oncle, Arnauld de Solminihac, était vicaire général du diocèse de Périgueux et abbé commendataire de Chancelade. Ob-servant les grandes qualités de son neveu, il jeta son dévolu sur lui pour lui succéder à la tête de l’abbaye de Chancelade. D’emblée, Alain prit ses responsabilités très au sérieux. Ordonné prêtre le 22 septembre 1618, il partit quelques jours plus tard pour Paris où, pendant quatre ans, il allait étudier la théologie et la spiritualité. C’est à cette époque qu’il rencontra saint François de Sales et fit la connaissance de Monsieur Vincent (saint Vincent de Paul), avec qui il se lia d’amitié et entretint toute sa vie une correspondance.
À son retour en Périgord, il reçut la bénédiction abbatiale (Épiphanie 1623). Dès lors, il se consacra sans relâche à la restauration tant matérielle que spirituelle de l’abbaye de Chancelade. Il donna à l’église abbatiale l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui et surtout, il rétablit la vie régulière, abandonnée depuis des décennies. Bientôt, les vocations affluèrent : près de cinquante nouveaux chanoines en moins de dix ans.
Informé des éminentes qualités de l’abbé de Chancelade, le roi Louis XIII - qui, en vertu du concordat de Bologne (1516), nommait les évêques – pensa à lui pour le siège de Lavaur, non loin d’Albi. Dans son humilité et son désir de rester auprès de sa communauté, Alain refusa. Quelque temps plus tard, Louis XIII le nomma au siège de Cahors, le pressant d’accepter. Cette fois, Alain y vit la volonté de Dieu et se soumit, en mettant toutefois comme condition de conserver sa charge abbatiale. Le 27 septembre 1637, à Paris, il recevait l’ordi-nation épiscopale.
Le diocèse de Cahors était alors l’un des plus étendus du royau-me, couvrant un territoire bien plus vaste que l’actuel département du Lot et comptant huit cents paroisses. Alain n’eut de cesse que de mettre en œuvre dans son diocèse les décisions du concile de Trente (1548-1564), qui étaient jusqu’alors restées lettre morte presque par-tout en France. Son activité pastorale, d’une intensité peu commune, se déroula selon quelques grands axes :

- la visite pastorale : dès son arrivée, il se mit à arpenter son diocèse, visitant l’une après l’autre les huit cents paroisses (qu’il devait voir chacune neuf fois durant son épiscopat).

- la fondation d’un séminaire : un des soucis constants d’Alain fut la formation de prêtres pieux et instruits qui soient vraiment à la hau-teur de leur tâche, ce qui était loin d’être la règle à cette époque. Pour cela, il fonda à Cahors un des premiers séminaires de France, dont il confia la direction aux lazaristes, fils de saint Vincent de Paul.

- les missions paroissiales : désireux de réévangéliser une popula-tion fortement déchristianisée du fait des guerres de religion, Alain fit appel à des prêtres missionnaires pour parcourir le diocèse et y prêcher l’Évangile dans un langage adapté aux gens simples. Lui-même prêcha dans tout son diocèse le jubilé de 1657-1658.

Épuisé par ses labeurs apostoliques, le saint évêque de Cahors mourut le 31 décembre 1659, âgé de 66 ans.
Il a été béatifié par le bienheureux pape Jean-Paul II le 4 octobre 1981 et sa mémoire liturgique est célébrée le 3 janvier.

2) Esquisse de sa spiritualité

N.B. Nous nous restreindrons ici à cinq traits caractéristiques.

1) L’imitation de Jésus Christ

Le bienheureux Alain écrit : « Nous devons regarder Jésus Christ a-fin de l’imiter. Le plus grand bonheur consiste à lui être semblables. » Et encore : « Je considérerai la très sainte vie de Notre Seigneur com-me un très parfait modèle de toute sainteté. C’est pourquoi je la pren-drai pour modèle de toutes mes actions. »
Et parce que les saints sont les meilleures approximations de Jésus Christ ici-bas, Alain de Solminihac chercha toute sa vie à marcher sur leurs traces. Le cardinal Marty disait de lui : « Il trouva aide et réconfort dans l’exemple des saints et dans la rencontre des grands spiri-tuels du XVIIe siècle : Augustin, Charles Borromée, Ignace de Loyola, François de Sales, Vincent de Paul, Jean-Jacques Ollier. »

2) L’abandon à la volonté de Dieu

Dans son désir d’imiter Jésus Christ, Alain de Solminihac cherchait constamment à connaître la volonté de Dieu et à s’y conformer : « Les serviteurs de Dieu ont toujours sa volonté devant les yeux, écrit-il. Elle les devance comme une lumière, et dès lors qu’ils ne la voient plus, ils s’arrêtent. C’est un flambeau à la faveur duquel ils marchent en ce monde, pendant toute leur vie. »
Et avec des accents très proches du bienheureux Charles de Foucauld, il affirme : « Nous ne devons avoir que cet unique désir : que le bon plaisir de Dieu soit entièrement accompli en toutes ses créatures et particulièrement en nous. »
Pour Alain, comme pour Charles de Foucauld et bien d’autres saints, l’un des secrets de la sainteté, c’est de s’abandonner à la volon-té de Dieu : « Une des choses qui empêche le plus notre progrès dans la perfection, écrit-il, c’est de ne pas nous abandonner entièrement à la volonté de Dieu et de ne pas nous livrer entre les mains de la provi-dence paternelle de Dieu. »

3) Un grand amour

Alain de Solminihac était intimement convaincu que ce qui donne du prix à notre vie, c’est l’amour qui l’habite.
Nous pouvons facilement transposer à la vie de tout chrétien ce qu’il écrit au sujet des religieux : « Un des plus grands abus qui arrive aux religieux et qui empêche le plus leur progrès dans la perfection, c’est de ne pas goûter bien cette vérité, que ce n’est pas la noblesse et la grandeur des actions qui doivent faire d’eux de grands saints, mais les actions petites et ordinaires de leur état, faites avec un grand amour et un grand désir de plaire à Dieu, en s’efforçant de les relever tou-jours jusqu’au dernier point de perfection, ce qu’ils peuvent faire à tout moment. »

4) L’humilité

On dit souvent que l’humilité est la pierre de touche de la sainteté. Le bienheureux Alain en est la parfaite illustration, lui qui écrivait aux chanoines de Chancelade : « Nous ne devons rien tant estimer que la sainteté cachée et souhaiter que la nôtre soit seulement connue à Dieu et semblable en cela à celle de Jésus Christ, ut vita nostra abscondita sit cum Christi vita (afin que notre vie soit cachée avec la vie du Christ - citation libre de Col 3, 3). »
Et voici le conseil qu’il nous donne : « Pour progresser dans l’humilité, il faut toujours se tenir uni à Dieu, se consacrer totalement à son bon plaisir, particulièrement après la sainte communion, s’appliquer fortement à l’oraison et à vraiment connaître que Dieu est tout et nous rien, avoir une extrême pureté d’intention en tout. »

5) Le zèle apostolique

On reste impressionné par l’intense activité apostolique d’Alain de Solminihac durant son épiscopat à Cahors. Dans l’homélie pour sa béatification, le bienheureux pape Jean-Paul II la résumait ainsi :
« Ses vingt-deux années d’épiscopat dans le Quercy furent un dé-ploiement incessant d’activités importantes et efficaces : convocation de synodes diocésains, mise sur pied d’un conseil épiscopal hebdomadaire, visite systématique des huit cents paroisses du diocèse, qu’il re-verra neuf fois chacune, création d’un séminaire, multiplication des missions paroissiales, développement du culte eucharistique, promo-tion ou fondation d’œuvres caritatives pour les vieillards et les orphelins, pour les malades et les victimes de la peste. Un mot tiré du psau-me 69 résumerait parfaitement la vie pastorale de cet évêque du XVIIe siècle : Le zèle de ta Maison me dévore. »

Seigneur, Tu as donné au bienheureux Alain l’esprit de force pour annoncer l’Évangile et pour être le Bon Pasteur de ton troupeau, ardent dans ses réformes, plein de bonté pour les pauvres, fervent dans sa contemplation. Accorde-nous, à son exemple, d’unir dans notre vie l’amour de la prière, le souci de nos frères et un attachement sans faille à ton Église. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.
P. Martin de la Roncière